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Le regard des religions face à l’avortement

Quel regard les religions pratiquées au Burundi portent-elles sur l’avortement? Nous découvrirons dans cet article les positions de l’Église catholique romaine, des Églises protestantes ainsi que des musulmans.

Dans le catholicisme

Il y a exactement trente et un ans paraissait l’encyclique de Jean-Paul II Evangelium vitæ sur la valeur et l’inviolabilité de la vie humaine (25 mars 1995). C’est le récent document à forte importance magistérielle qui aborde la problématique de l’avortement. L’enseignement qui ressort du texte doctrinal est que la vie humaine est sacrée depuis son commencement jusqu’à son terme. Le droit humain le plus fondamental est le droit à la vie et il doit être protégé dès la conception. Le document s’attaque énormément à la culture de mort qui semble gagner du terrain dans les mentalités de nombreux peuples. Le pape polonais y déplore les crimes et attentats contre la vie, parmi lesquels il cite explicitement l’avortement qui est une infamie. Le fait de vouloir légaliser un peu partout dans le monde l’interruption de grossesse pour les divers motifs qu’on avance montre une régression en matière de protection des droits humains. La défense de la vie de l’enfant à naître fait partie de l’enseignement le plus traditionnel de l’Eglise catholique, et elle ne compte pas y renoncer par fidélité à sa mission reçue de Jésus-Christ.

Dans les Eglises réformées

Pour les protestants, l’idée est la même que du côté catholique: la vie commence dès la conception. L’homme est issue du projet de Dieu avant même sa naissance. L’histoire biblique du prophète Jérémie ainsi que le Psaume 139, sans oublier l’annonciation de Jésus-Christ, tous témoignent de l’antériorité de la personne humaine sur sa venue en chair et en os. Il n’y a pas d’avortement légal dans le protestantisme.

Dans l’Islam

L’Islam considère que la vie commence 120 jours après la conception. Ceci est présent dans le Coran, le livre sacré de la religion. « Il y a une sourate qui parle de la formation du fœtus. D’abord le caillot, puis la chair, les os », explique l’anthropologue Francirosy Campos Barbosa, professeur à l’Université de São Paulo au Brésil, auprès du journal BBC. Dans le texte, il y a une période dite du sperme, de 40 jours, suivie de sa transformation en caillot, encore 40 jours, et ensuite de la formation de la chair, encore 40 jours. Pour la foi islamique donc, l’enfant reçoit la vie au quatrième mois et dès cet instant, l’avortement n’est plus autorisé. Jusqu’à 120 jours de grossesse, Dieu Allah n’a pas encore donné la vie à l’être conçu. Interrompre la grossesse n’est pas vu comme une atteinte à la vie.

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