Autrefois, au Burundi, les rites liés à la mort se distinguaient par leur simplicité et leur ancrage culturel profond. Nous avons déjà abordé le sujet au tour de la mort dans un article récent, et maintenant permet d’y revenir car la mort a été et continue d’être un sujet délicat qui fait parler beaucoup de gens. Notre référence dans cette ébauche est le livre « Burundi Traditionnel » du père Vekemans qui nous trace la vie de nos grands-pères dans leur quotidien.
Une mise en terre rapide, sans veillée nocturne
Contrairement à d’autres sociétés, les veillées nocturnes prolongées, les chants ou la présence de pleureuses n’étaient pas en usage. Pourtant, les gestes funéraires étaient modérés mais riches en significations. À l’époque, avons-nous dit dans un article récent, l’enterrement avait lieu presque immédiatement après le décès, souvent le soir même ou tôt le matin suivant. Il n’y avait pas de veillée nocturne : les pleurs étaient brefs, sans chants ni danses. Le moment était marqué par le silence et la retenue avec certains interdits dans le manger et le boire.
Le rite de l’onction et l’usage de la craie blanche
Lors des derniers instants, dans certaines régions, on procédait à une onction symbolique. Le front du moribond était frotté de haut en bas avec de la craie blanche (ingwá ou ingondo). Ce geste était accompli par les proches selon le genre : les fils et épouses pour un père, les filles et le mari pour une mère, ou l’un des parents pour un enfantes. Les Burundais préféraient mourir sur le sol, près du feu (haziko), allongés sur une natte ou une couche d’herbes, et non sur un lit. Ce choix symbolisait un retour naturel à la terre.
Des méthodes d’inhumation et les particularités du rite chrétien
Il y avait des pratiques comme ‘gukonya’ (exposition du corps) ou la mise en terre nue disparaissaient peu à peu. Le défunt était alors enveloppé dans un tissu ou une natte, des cercueils étant demandés par ceux qui en avaient les moyens. Transporté sur une civière (Inderuzo) le défunt était acheminé vers la tombe avec une foule d’hommes qui l’accompagne.
Quant aux chrétiens, ils conduisaient rapidement le défunt à la mission ou à une succursale pour une bénédiction suivie d’un immédiat enterrement. On notait une certaine précipitation à se débarrasser du corps, au point où certains cas de morts non encore confirmées étaient signalés.
En somme, les pratiques funéraires traditionnelles burundaises mettaient en avant la pudeur, le respect et le symbolisme. En marge des démonstrations bruyantes, ces rites témoignaient d’une relation intime et silencieuse à la mort, perçue comme un retour à l’origine plus que comme un événement surprenant.
