Bientôt trois mois qu’ils ont commencé leur premier semestre et avec une promesse de l’État qu’ils toucheront une somme de 100.000 francs burundais , un pré-bourse qu’ils devront rembourser une fois qu’ils auront terminé leurs études et entrepris une activité génératrice de revenus.
Ce sont des étudiants de l’Université du Burundi qui ne savent plus quoi faire pour survivre dans cette ville de Bujumbura après qu’ils viennent de passer bientôt quatre mois sans recevoir ce pré-bourse sensé être mensuel et dont normalement, ils se servent pour satisfaire leurs besoins primaires tels que payer le loyer, la nourriture, l’impression des syllabus et d’autres services que peuvent avoir besoin un étudiant de l’Université du Burundi.
Interrogés sur comment ils mènent actuellement leur vie étudiante, les mots leurs manquent pour exprimer leurs peines, ils disent qu’ils se sont tellement endettés au point qu’ils ne savent plus s’ils vont pouvoir terminer l’année dans ces conditions.
Certains parmi eux auraient déjà abandonné les études s’il n’y avait eu pas des initiatives de certains délégués de classes qui font tout pour maintenir l’équilibre de leurs salles de classes et ainsi permettre à tous les étudiants d’être présents en cours. Soulignent ces étudiants.
« Très loin de nos familles et de nos villages natals, il est difficile de survivre dans cette ville où la vie devient de plus en plus chère sans des amis ou des personnes sur qui on peut compter. Des fois, certains parmi nous tombent malades, d’autres manquent de quoi manger, et sans oublier qu’il y en a même ceux qui n’arrivent plus à s’acheter un simple stylo ou faire imprimer les syllabus dont ils ont obligatoirement besoin pour étudier. » Nous précise l’un d’eux.
Comment arrivent-ils à gérer ce problème ?
Notre question:
Du coup, vous faites comment pour faire face à tous ces besoins. Et à propos du loyer vous arrivez à vous en sortir facilement?
Étudiant :
» Grâce à des bonnes relations que nous entretenons entre camarades de classes, on essaie de se soutenir mutuellement grâce à des collectes d’argent que les délégués de classes organisent en faveur des étudiants les plus démunis, ainsi on parvient à veiller les uns pour les autres. »
« Pour ce qui est du loyer, Dieu merci il y a encore des hommes et des femmes qui ont encore un cœur. Il s’agit de certains de nos locataires qui, conscients de notre situation financière, ils nous laissent occuper leurs maisons sans payer en nous disant qu’on pourra les payer une fois qu’on aura reçu l’argent. Il y a aussi des braves gens qui travaillent dans des petits restaurants et qui eux aussi nous accordent le droit sur des dettes qu’on paiera plus tard. «
Notre Question:
Est-ce que ça vous affecte? Je veux dire, tous ces besoins, toutes ces préoccupations, n’affectent pas vos études, comment faites-vous pour gérer tout ça ?
Étudiant:
« Ouais carrément, on y pense sans arrêt, on passe des heures à penser à ce qu’on pourra manger demain. En un mot c’est dur de se concentrer aux cours quand tu passes toute une nuit à veiller comme un hibou, avec tête pleine de questions de comment tu pourras manger la journée ou si le locataire ne va pas demander à ce qu’on lui rend sa maison »
Notre question:
Vous avez dit que vous vous aidez mutuellement grâce à des cotisations que vous effectuez en classe, mais d’où est-ce que vous tenez cet argent, vous n’êtes pas censés recevoir la pré-bourse en même temps que les autres ?
Étudiant:
» Si, mais vous savez monsieur le journaliste, même si on nous donnait ces 100.000 francs bu chaque fois, avec le coût de la vie dans cette ville, cela ne pourrait pas suffire, du coup, il y a toujours l’intervention de nos parents, nos oncles et tantes, sans oublier nos grands frères et sœurs pour ceux qui en ont. »
« C’est donc l’argent en provenance de nos chers parents, nos êtres chers membres de familles que nous parvenons à rester débout dans des crises comme celles-ci. Mais la chance n’est pas à tout le monde, il y a parmi nous ceux qui n’ont pas ces faveurs et qui sont obligés de travailler doublement et si dur pour garder la tête sur leurs épaules.
Du coup, ils associent les études et d’autres petits services qu’ils rendent continuellement à autrui pour assurer leur survie, ce qui affecte énormément leurs résultats académiques de façon pas très agréable parce qu’ils n’arrivent pas à se concentrer sur leurs études. »
Notre question:
Avez-vous des doléances, des requêtes à faire pour que les choses s’améliorent un peu ?
Étudiant:
« On pourrait adresser nos doléances à l’État qui est notre cher parent à tous (Reta mvyeyi-Reta nkozi), c’est lui notre parent ici dans la capital et c’est toujours aux parents de savoir ce qui est mieux pour les enfants, on se dit donc que l’Etat est conscient de notre situation et donc qu’il est entrain de faire le nécessaire pour nous sortir de cette situation chaotique »
D’accord, merci de nous avoir partagé votre histoire espérons qu’elle pourra servir à quelque chose.
