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Burundi : Quand les milieux éducatifs deviennent des terrains d’exploitation des jeunes

Aujourd’hui, la jeunesse burundaise représente 60 % de la population. Pourtant, cette grande partie de la population n’est pas suffisamment mise à profit pour le développement du pays. La famille, l’école, les partis politiques, les associations, les confessions religieuses et les médias sont considérés comme des espaces d’apprentissage, d’encadrement et d’orientation des jeunes. En revanche, ces milieux deviennent, dans certains cas, des cadres favorisant leur exploitation au service d’intérêts particuliers. Alexis Nimubona, porte-parole de l’OLUCOME l’a indiqué ce 20 février 2026, lors d’une conférence de presse consacrée aux défis de l’émigration internationale des Burundais.

Une fuite de cerveaux et la perte de main-d’œuvre pour le développement.

Le Burundi fait face à un problème de fuite des cerveaux dans tous les secteurs, particulièrement dans les domaines de la santé et de l’éducation. En 2020, le recensement a revelé environ 400 000 jeunes chômeurs, alors que le gouvernement burundais n’en emploie que 120 000 fonctionnaires. L’OLUCOME a souligné que des femmes et des hommes considérés comme chômeurs, y compris au sein de la fonction publique, préfèrent quitter le pays à la recherche de meilleures conditions de vie à l’étranger, en raison de la cherté de la vie au Burundi.

L’Observatoire indique que, malgré les efforts du gouvernement à travers le Programme d’Autonomisation Économique et d’Emploi des Jeunes (PAEEJ) et la Banque d’Investissement pour les Jeunes (BIJE), les jeunes continuent de s’orienter vers l’étranger. Selon l’opinion publique, les bénéficiaires de ces programmes seraient majoritairement des jeunes proches du parti au pouvoir.

Les émigrants se divisent en deux catégories.

D’après les informations de l’OLUCOME, certains quittent le territoire burundais par des voies légales, tandis que d’autres empruntent des voies illégales. Cette organisation affirme qu’une grande partie de ces départs irréguliers est facilitée par des individus impliqués dans le trafic d’êtres humains, un phénomène courant dans la région de l’Afrique de l’Est, où existerait une chaîne de corruption allant du pays de départ jusqu’à la destination, avec l’appui d’intermédiaires.

Des conditions difficiles dans les pays d’acceuil.

De nombreuses difficultés entravent la situation des émigrants. En se basant sur des informations recueillies auprès des familles des victimes, l’OLUCOME cite notamment l’emprisonnement, les mauvais traitements, le vol de biens, le recrutement comme soldats dans des conflits armés ainsi que l’implication forcée dans des activités de cybercriminalité en Ukraine, en Chine et ailleurs.

Face à ces difficultés, l’OLUCOME s’interroge sur le rôle des ministères en charge des Burundais de l’étranger et sur l’exercice réel de leurs attributions pour la protection de ces burundais. L’organisation s’étonne également du silence de certaines institutions, notamment le Parlement, l’institution de l’Ombudsman et la CNIDH, face à ces défis.

Appel aux émigrants burundais.

L’OLUCOME conseille aux émigrants burundais de s’organiser en associations dans les pays où ils travaillent afin de revendiquer leurs droits et d’assurer leur protection.

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