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De l’anonymat à la scène mondiale la marcheuse Florence Irakoze hisse le drapeau burundais sur l’estrade de l’Inde

Après une fumée d’articles la mettant en vedette et titres de journaux évoquant d’incroyables périples qu’elle a accomplis récemment au Burundi, Florence Irakoze a maintenant fait que le Burundi soit introduit au premier championnat mondial du Yogasana, une posture physique de la famille du yoga qui s’est tenu à Ahmedabad en Inde du 4 au 8 Juin 2026.

Courageuse et passionnée, elle s’est ardemment introduite à nous avant tout, et nous a offert une petite balade dans quelques lignes de son cahier de parcours, ses exploits et visions « Je suis Irakoze Florence la première fille qui a marché de longues distances au Burundi » nous dit-elle par sa voix persuasive.

Il y a quelques mois que la toile était inondée par les exploits d’une fille qui marchait tantôt 100 kilomètres d’affilée, 110 ou 120 en un poignet d’heures( deux jours environ) . Ils s’agissait des marches qu’elle accomplissait de la capitale Bujumbura vers d’autres provinces à l’intérieur du pays, qui ont suscité l’attention de beaucoup de personnes. Son identité se révèlera sur les photos à la une et sur les titres des journaux « Florence Irakoze une fille qui marche de longues distances »

Elle est un oiseau migrateur dans son quotidien et nous a avoué ne pas connaître une vie sédentaire à part qu’elle pratique le sport comme si elle buvait son espresso du matin  » Je pratique n’importe quel sport pour bouger » dit-elle

Quand la très sportive Florence Irakoze déniche une opportunité de représenter le Burundi au premier championnat mondial du yogasana.

Plus elle s’y accroche, meilleure elle devient, et le hasard commence alors d’engendrer d’opportunités, qu’au mois de juin passé, une occasion a fait irruption : « Presenter le Burundi au premier championnat mondial du Yogasana » une occasion que nulle autre ne pouvait avoir qu’une personne de sa carrure.

On a voulu comprendre si elle pratiquait le yogasanna avant de mettre la main sur cette opportunité, la chose qu’elle a nié avec véhémence, pour nous dire qu’elle a seulement présenté des pratiques sportives antérieurement effectuées attestant ce qu’elle peut accomplir dans cette compétition internationale.

« Je ne savais pas que le yogasanna pouvait me faire apparaître sur la scène internationale, c’est un sport qui m’aide régulièrement à s’ettirer ou quand j’entame de longues marches. C’est un sport qui fait que quand je ne me sens pas aller marcher, il ne demande pas de me déplacer, on peut le faire à la maison quand on a un tapis adéquat au yoga….. c’est un sport que je ne croyais pas me faire avancer dans la vie, ce qui me pousse à le pratiquer davantage maintenant. » raconte Florence

Cette déesse des mouvements physiques connetra l’existence de cette opportunité, par une communauté indienne résidente au Burundi, dans laquelle elle fait partie « Je me rends souvent dans leurs activités physiques en rapport avec le yogasanna vu que ce sport fait partie de leur culture » dit Florence.

Après un message whatsApp de l’Inde, qui surgit subitement dans des discussions du groupe de cette communauté indienne, demandant une personne pour présenter le Burundi dans le yogasanna, et curieuse qu’elle est, Florence a capitulé facilement, face à cette missive instantanée du vent numérique qui lui sera comme trouvé un pavé dans la mare.

Malgré quelques entraves, certaines personnes et organisations lui sont venues en aide pour qu’elle participe dans cette compétition internationale, notamment: l’assurance Inkinzo qui a couvert certains besoins assurantiels et un certain docteur Hervé qui lui a assistée lors des consultations médicales requises pour des voyages officiels de ce type.

« Je n’oublierai jamais cette personne qui m’a donné 100 000 francs pour acheter un survêtement (tracksuit). Je pensais qu’il coûtait 150 000 francs, mais une fois sur place, on m’a annoncé qu’il en valait 250 000. Quelqu’un m’a alors offert les 100 000 francs manquants. »

De l’épuisement au soulagement en peu tranchant

L’allégresse provenant de l’annonce de l’obtention des droits lui permettant de prendre part dans la compétition internationale de yogasanna, lui a été un bonheur caduque, comme dirait un écrivain lambda qui ronge un dossier d’où la perte provient d’un bénéfice éphémère.

« Comment cela s’est-il passé pour que vous soyez choisie parmi tant d’autres ? » lui demande-t-on

 » Ce n’était pas facile. Le processus de candidature est complexe. Tout le monde n’est pas en mesure de remplir toute une liasse de documents, de rédiger une lettre de motivation, un curriculum vitae et de rassembler les nombreuses pièces justificatives demandées. C’était un véritable parcours du combattant. De plus, tout le monde n’ose pas tenter sa chance sans avoir la garantie d’une rémunération en retour. Je crois donc que ma sélection est avant tout le fruit de mon courage », nous raconte Florence.

Elle nous a raconté le prix qu’il fallait payer pour etre choisie, parce qu’il y avait pas mal de paperasse et défis à relever. Des preuves montrant que tu pratiques le yogasanna, des vidéos qui y sont attachées pour témoigner » J’étais obligé d’envoyer mon passeport en Ouganda pour obtenir le visa parce que c’est le pays le plus proche de moi qui possède un consulat Indien »

Entre les valises, les papiers et le stress de la compétition qu’elle allait disputer en Inde, ses préparatifs sont devenus un véritable parcours semé d’embûches. « Je devais même faire de l’entraînement à l’avance avant de monter à bord, mais je n’ai pas eu le temps avec toutes ces courses. » Elle nous raconte

Vers les nouveaux horizons tant attendus, où elle a connu beaucoup de premières et d’énigmes

De son départ du Burundi vers une escale en Ouganda, puis de l’Ouganda jusqu’à l’aéroport de Mumbai, et enfin de Mumbai jusqu’à son atterrissage à Ahmedabad, elle était exténuée. Malheureusement, il n’y avait personne pour l’accueillir. Elle décida alors de jouer une autre carte : prendre un Uber pour rejoindre son hôtel. C’était une histoire aux multiples débâcles, ce qui est compréhensible pour un tout premier voyage en Inde

« Quelle est votre première impression quand vous êtes arrivée en Inde ? » Elle réfléchit un moment et nous répond :

« D’une part, le choc n’a pas été trop grand parce qu’on nous avait prévenu à l’avance. Concernant le climat, par exemple, on nous avait bien dit que les températures pouvaient atteindre 50 degrés Celsius en Inde. On devait donc porter des habits légers. »

« D’autre part, j’ai été sidérée par la façon dont les automobilistes ne respectent pas les sens de circulation sur la route. Chacun conduit dans le sens qui lui plaît et choisit la voie qui l’arrange. J’ai aussi été étonnée de voir une personne sortir des toilettes et manger sans se laver les mains. Je croyais que le Burundi était classé parmi les pays les moins propres, mais j’en ai conclu l’inverse. On m’avait dit que l’Inde détenait la palme en ce qui concerne la saleté, ce que je refusais de croire, mais je l’ai bien vu de mes propres yeux ! »

Pour un premier voyage en Inde, ce fut une expérience magique, au-delà de tout ce qu’elle pouvait imaginer. Et ce, malgré quelques revers comme l’absence d’un accueil adéquat à l’aéroport et un coach pas toujours disponible quand elle sollicitait son aide.

De la semoule aux sommets et seule contre tous en Inde

Florence nous a confié qu’elle n’a pas décroché de médaille, mais que l’expérience a eu plus de valeur que n’importe quelle récompense. Elle se battait seule et en était fière. Elle souhaiterait s’entretenir avec le ministre burundais du Sport et de la Culture pour parler d’une probable fédération de Yogasana et en évoquer les modalités, afin que le Burundi soit mieux représenté à l’avenir. « Pour cette fois, j’étais la seule personne à représenter le Burundi, alors que d’autres pays avaient envoyé huit, dix athlètes ou plus », explique Florence.

« Comment t’es tu sentie, seule à réprésenter le Burundi en Inde? »

« Eeeh ! » ( pause de formulation )

 » Ça m’a profondément émerveillée, car c’est une expérience unique qui s’ajoute à mon parcours. C’est aussi une immense forme de reconnaissance qui pourra me permettre d’être entendue dans mon pays ou de faire valoir mes idées. « 

Elle confie mener un combat pour que sa patrie soit connue à travers le monde, même si elle a constaté que le pays reste largement méconnu sur la scène internationale. En Inde, elle a été contrainte d’expliquer inlassablement la situation géographique du Burundi à la quasi-totalité de ses interlocuteurs. Beaucoup d’Indiens s’imaginaient en effet que le Burundi était une région enclavée en Afrique du Sud.

« Partout où j’allais, les gens criaient de joie en me saluant disant ‘Hey, la Sud-Africaine !’ « , se souvient-elle.

Elle concourait dans la catégorie « senior », qui regroupait des jeunes femmes âgées de 24 à 28 ans. Face à 13 autres candidates, elle a décroché la 8e place. Un résultat qu’elle juge satisfaisant, compte tenu des difficultés rencontrées, notamment le manque de temps d’entraînement et l’absence de soutien nécessaire de la part de son entraîneur. Elle a l’espoir de s’améliorer la prochaine fois pour être parmi les trois premières qui sont primées.

La compétitrice burundaise nous confie qu’une autre leçon tirée de cette compétition est que les autres pays s’investissent amplement dans le sport. Elle souhaite ainsi que le ministère burundais en charge des sports s’investisse à son tour auprès des jeunes athlètes. Elle estime que son expérience pourrait être utile si elle avait la chance d’intégrer une fédération au Burundi. Sur place, on lui a d’ailleurs suggéré de créer une structure dans son propre pays afin de permettre à une plus grande délégation de participer aux prochaines éditions.

 » Avez-vous eu le temps de découvrir le pays lors de votre compétition à l’étranger ? » question du magazine

 » Hélas, le temps m’était compté et l’Inde fait partie des pays les plus vastes. Je voulais acheter quelque chose dans un marché, mais on m’a dit que le marché où je pouvais trouver ce dont j’avais besoin se trouvait à une journée de trajet aller, et une autre pour le retour. Or, il ne me restait que deux jours en Inde après la compétition. « 

Florence explique qu’elle n’a pas pu avoir assez de temps, mais qu’elle a tout de même fait une marche de trois kilomètres à la rencontre des Indiens. Elle a été marquée par le fait que les Indiens mangent avec les mains (sans fourchette ni cuillère). Elle a également remarqué que tous leurs plats sont très épicés, « Même leur thé » insiste-t-elle, ce qui a été une petite contrainte pour ses repas.

 » Un mot pour terminer, Florence. Y aurait-il un message que vous aimeriez adresser aux jeunes Burundais qui rêvent de représenter le Burundi à l’étranger dans de telles compétitions ? » Question du journaliste

« Ce que je dirais aux jeunes Burundais, c’est de « mieux se préparer ». Mais se préparer sans soutien est trop difficile. Les entraînements demandent beaucoup de sacrifices. Par exemple, lorsqu’il est temps de s’alimenter, on ne peut pas manger n’importe quoi. Cela demande d’énormes préparatifs. Cependant, même si l’on manque de soutien, il ne faut pas se décourager, car notre tour viendra… »

« Dernière question : si l’on vous demandait de résumer votre voyage en Inde en un seul mot, quel serait-il ? »

« Le mot que j’utiserais serait ‘APPRENDRE' »?

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