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Rites funéraires traditionnels au Burundi : localisation et préparation des tombes et les acteurs clefs

Cet article s’inscrit dans la suite des articles traitant la thématique dans le Burundi ancien telle que abordée par Vekemans dans son ouvrage qu’il nous a légué intitulé ‘Burundi Traditionnel’. En effet, au Burundi, les pratiques funéraires traditionnelles étaient profondément ancrées dans les structures sociales et familiales. La localisation des tombes et les personnes impliquées dans leur préparation reflétaient les normes culturelles et les croyances de la société burundaise d’antan.

Localisation des tombes selon le statut du défunt

La position de la tombe variait en fonction du statut et du genre du défunt. Notons en locurence que l’homme marié, propriétaire du rugo ; sa tombe était creusée à l’endroit où l’on faisait du feu pour les vaches le soir (igicaniro), au milieu de la cour (ku nama) devant la maison. Quant à la femme : la sépulture se situait dans la partie inférieure de la cour (mu ntaba z’urugo z’epfo) ou près des greniers (ibigega).Les enfants étaient enterrés sur le côté de la maison, dans les zones herbeuses (haruguru y’icanzo, impande y’ubwatsi). S’il arrivait qu’il y ait une Belle-mère résidant chez son gendre : elle pouvait être enterrée dans la cour intérieure (mu kigó), reflétant la nécessité d’éviter les contacts directs entre le gendre et sa belle-mère.

Personnes impliquées dans la préparation de la tombe

La tâche de creuser la tombe était généralement confiée à des hommes d’un certain âge, souvent des voisins ou des amis. Il était rare que l’homme creuse la tombe de sa femme ou de ses enfants, bien que des exceptions aient été observées. Les enfants n’étaient pas autorisés à creuser la tombe de leurs parents.
Un homme dont la femme était enceinte ne participait ni à la préparation de la tombe ni au transport du corps, par crainte que cela n’affecte la fertilité de sa conjointe. Cette croyance était si ancrée dans les coutumes que des reproches pouvaient être adressés publiquement à ceux qui enfreignaient cette règle.

Rituels post enterrement et purification

Après l’inhumation, les personnes ayant participé à la préparation de la tombe se lavaient les mains à l’eau froide. Un jus extrait des feuilles de l’arbre « umugombe » était utilisé pour se purifier. En marchant autour de la tombe, ils chantaient : « sois nous propre, éloigne de nous nous les mauvais présages! », un rituel visant à éloigner les mauvais esprits et à se protéger des malheurs. La tombe avait environ 1,50m.

Pour clore, disons que les pratiques funéraires traditionnelles burundaises mettaient en évidence une organisation sociale rigoureuse et des croyances profondément enracinées dans les esprits des Barundi. La localisation des tombes et les personnes impliquées dans leur préparation reflétaient les rôles sociaux, les relations familiales et les préoccupations spirituelles de la communauté. Bien que certaines de ces pratiques aient évolué avec le temps, elles demeurent un témoignage précieux de la richesse culturelle du Burundi.

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