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Mwezi Gisabo, roi du Burundi qui mena un règne héroïque de résistance face aux menaces multidimensionnelles

Mwezi Gisabo, roi du Burundi qui mena un règne héroïque de résistance face aux menaces intérieures, aux esclavagistes et à la colonisation allemande

L’histoire de Mwezi Gisabo est captivante du fait qu’il fut souverain resté debout pour défendre la souveraineté de notre patrie jusqu’à son dernier souffle. Son règne fut marqué par une quête de stabilité et de souveraineté. Dans cet extrait nous nous baserons sur le livre « Etude de la mise en valeur culturelle, historique et touristique des tombeaux royaux du Burundi en commune Muruta, province de Kayanza » de Emile Mworoha dans lequel l’auteur nous trace les grandes lignes de la vie de ce monarque célèbre Burundais.

L’accession au pouvoir difficile

Mwezi Gisabo, de son vrai nom Bijoga, monta sur le trône du Burundi en 1852 dans un contexte de tensions successorales succedant à son père Ntare Rugamba. Très jeune, il dut affronter son demi-frère Twarereye dans une guerre fratricide pour le tambour royal Karyenda. Cette victoire, loin d’installer une paix durable, ne fut que le début d’un règne rythmé par les rébellions internes, les épidémies, les invasions et les premières pressions coloniales. Avec l’aide de ses demi-frères Birori et Rwasha, Mwezi Gisabo vainquit Twarereye, mort à Nkondo. Installé à Muramvya, il organisa le royaume autour des rituels du Muganuro et d’un système judiciaire efficace, soutenu par les badasigana (guerriers royaux) et les bashingantahe (notables).

Épidémies, famines et invasions étrangères : un règne sous pression

Sous le règne de Mwezi, le pays subit des calamités : variole (gituta), épizootie (muryamo), maladie des chiques (imvunja) et famines dues aux criquets et sécheresses. Ces fléaux affaiblirent la population mais ne firent pas plier le royaume.
À l’extérieur, Mwezi Gisabo fit face aux attaques des Babwibwi Ngoni de Tchaka (Afrique du Sud), puis des troupes Barugaruga de Mirambo du Tanganyika, battues par Rurakengereza après le vol de plus de 1700 vaches.
Cependant, la lutte contre les esclavagistes arabisés et résistance face aux Allemands fut le grand combat que mena ce grand monarque. La menace la plus sérieuse vint des esclavagistes arabisés zanzibarites, menés par Mwenyi Heri et son général Rumariza. Leur tentative d’imposer la traite humaine au Burundi échoua face à la résistance militaire des troupes royales Abadasigana.

Le grand malheur

Mais, le malheur irréversible fut en 1897 quand une menace plus durable s’imposa : la colonisation allemande. Mwezi refusa leur autorité et lutta pendant sept ans pour les repousser mais en vain. En 1903, les Allemands attaquèrent Muramvya. Les guerriers Burundais résistèrent héroïquement mais furent vaincus. Le roi signa le traité de Kiganda avec le résident Robert von Beringe, marquant officiellement la perte de l’indépendance du Burundi et sa soumission au povoir colonial.

En peu de mots, disons que Malgré la défaite militaire, Mwezi Gisabo reste un symbole de résistance, de dignité et de patriotisme. Il meurt en août 1908. Son corps fut inhumé à Remera, au Nkiko Mugamba, où sa nécropole royale (inganzo) domine la colline. Sa mémoire reste vive dans l’histoire du Burundi comme celle d’un roi qui refusa de livrer son peuple sans combat. Il est toujours commémoré comme Un roi digne, une mémoire vivante.

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