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Fizzo l’artiste burundais au talent qui ne prend pas une ride revient avec un album hors pair

Il y a quelques jours, le ciel de l’industrie du divertissement burundais laissait pleuvoir des chuchotements et des alertes en rafale. Sur son nuage, la vie des vedettes de la musique ainsi que la toile se trouvaient ébranlées : un album était à la porte.
Plus tard sur YouTube et sur les autres plateformes musicales qu’utilise le légendaire « Fizzo », le lion de la musique burundaise, SOA a fait entendre ses premiers tirs, avec une dizaine de tubes comme « Tell me », « Ab’isi » et « Niruze », dont le timbre et la forme sortent un mélange de mots poétiques et un arrangement digne d’un Tupac ressuscité.

Cette bombe, qui a vu le jour il y a près d’une semaine sur YouTube, fait vibrer les fans de la légende. Désormais, on entend une ou deux chansons de l’album résonner dans les bus, les salons de beauté ou les magasins de la capitale, Bujumbura, ainsi de suite.

C’est Niruze qui prendra les reines dans tout l’album avec un style d’un intellect rare puisé de l’époque de « Mambo Ju ya Mambo », « Sitapenda tena » ou « Maisha », une comparaison qui va de pair avec l’ère de l’altercation de l’artiste et son oncle « Uncle Crazy » qui engendra le single « Kama umecokoza nyuki »

Le morceau résonne déjà plus de 170 000 fois sur YouTube, porté par un calembour issu de l’ingéniosité de l’artiste. Quelques vers suffisent à en prouver la véracité : « Rwagasore nije ncungu y’umuziki » où l’artiste s’approprie ici par hyperbole la figure du prince Louis Rwagasore, héros de l’indépendance burundaise, pour s’autoproclamer sauveur de la musique. D’autres punchlines suivent, comme « Ekeleziya nije papa », affirmant directement : « Dans ce monde de la musique burundaise, c’est moi le pape ». Enfin, la formule « Yaco mutambatamba nka kareso ya maketa », une métaphore teintée d’ironie, égratignant gentiment ses collègues du milieu artistique.

Ce qui sépare Niruze du reste du Hip-Hop local et sa technique irréprochable et son authenticité. Fizzo livre une masterclass d’écriture en respectant les fondations du rap, tout en puisant son vocabulaire au cœur de l’identité burundaise. Le morceau devient un jeu d’esprit captivant en ressuscitant les devinettes traditionnelles d’autrefois,(Sokwe:Niruze) prouvant que l’on peut être moderne tout en restant le gardien de sa culture.

Cet album(SOA:Son of Alkebulan) recèle une force de fer, imperturbable face aux murmures qui l’accusent d’être l’œuvre d’une intelligence artificielle. Vérité ou chimère, l’album reste un outil à couper le soufle. L’oreil de chacun aura le role de juger.

Certains voient en Fizzo un modèle depuis l’époque où il a pris le chemin périlleux vers les cieux du Kenya, à la rencontre de son mentor, le chanteur Kidumu, qui l’a aidé à sortir ses premières chansons dans les années 1990. Son retour au Burundi, tel un prince ou même un roi, a inspiré toute une génération. La plupart des stars burundaises actuelles puisent leurs racines en lui du moins, pour celles qui osent l’avouer.

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