Beaucoup de personnes pensent encore que la signification de la justice sociale réside dans la saisine des tribunaux pour la rechercher. Pourtant, dans la situation actuelle, la majorité des demandeurs de justice au Burundi auprès des tribunaux ou des parquets se disent fatigués de la non-application des procédures telles que prévues par les textes en vigueur.
Lors d’une conférence de presse tenue le 27 février 2026, Faustin Ndikumana, coordinateur de PARCEM, a expliqué que la justice sociale se mesure plutôt à l’égalité des droits entre les citoyens, à l’égalité des chances, à la possibilité de bénéficier du progrès économique sans discrimination, à la liberté d’entreprendre et à l’accès équitable aux facteurs de production. Elle se manifeste également par l’amélioration des revenus des citoyens et par l’accès à une éducation de qualité. Et cette journée est célébrée le vingtième jour du mois de février pour chaque anné.
La justice sociale comme facteur de paix et de sécurité
Faustin Ndikumana a souligné que cette journée marque le renforcement de la conscience nationale. Selon lui, elle symbolise aussi la libération du potentiel des citoyens afin que chacun puisse travailler sans discrimination.
Au Burundi, a-t-il indiqué, l’économie est entretenue par une certaine classe de personnes. Il a expliqué que cette économie semble appartenir à ceux qui sont dans le système, tandis que d’autres en sont exclus. Il évoque l’existence d’un monopole qui influence fortement la vie économique nationale ainsi qu’une consommation dominée par une classe privilégiée. Cette situation, selon lui, provoque l’appauvrissement de la population rurale ainsi que l’affaiblissement de la classe moyenne.
Le coordinateur de PARCEM a également révélé que même les fonctionnaires vivent dans une précarité indescriptible. De ce fait, il n’hésite pas à affirmer que les paysans, les artisans, les fonctionnaires, les agriculteurs et bien d’autres catégories sociales se retrouvent dans la même situation difficile.
Les secteurs marqués par le monopole
Faustin Ndikumana a indiqué que plusieurs secteurs sont marqués par ces monopoles. Parmi eux figure celui des engrais chimiques. Il a évoqué l’interdiction de certains vendeurs et les difficultés d’accès aux engrais, même pour ceux qui ont cotisé. Il a déploré le fait que les citoyens cotisent alors que la distribution n’est pas toujours assurée.
Le secteur du carburant constitue également un autre exemple. Selon lui, certaines personnes y ont facilement accès, tandis que d’autres rencontrent de grandes difficultés. Il a également mentionné le cas du maïs et a indiqué que bientôt les avocats pourraient aussi être concernés. Concernant les devises, il a signalé l’existence d’un marché officiel et d’un marché parallèle. D’après lui, certaines personnes y ont facilement accès alors que d’autres en sont exclues.
En ce qui concerne les recettes fiscales, il a expliqué que certains citoyens sont accablés par les taxes, les cotisations et diverses contributions, alors que d’autres bénéficient facilement d’exonérations. Il estime également qu’il est difficile de comprendre la manière dont l’argent collecté est redistribué, donnant parfois l’impression qu’il profite davantage à une classe privilégiée.
Des conséquences de l’absence de justice sociale
Là où la justice sociale n’existe plus, les richesses naturelles ne sont pas partagées de manière équitable. Parmi les indicateurs de cette situation, il cite notamment le nombre croissant de personnes qui quittent le pays, selon Faustin Ndikumana
Une sonnette d’alarme au gouvernement
L’état de la justice sociale devient ainsi une question préoccupante au Burundi. La richesse semble se concentrer entre les mains de quelques individus, tandis que près de 90 % de la population vit dans des conditions inquiétantes.Le PARCEM appelle l’État à décourager cette minorité qui s’accapare des richesses afin de permettre un partage plus équitable avec l’ensemble de la population. Selon cette organisation, si la situation continue de cette manière, elle pourrait engendrer l’insécurité et conduire l’État à être perçu comme la source d’un manque de régulation face aux injustices observées.
