Aujourd’hui, la jeunesse burundaise représente 60 % de la population. Face à un taux de chômage élevé, devenu un véritable fléau, certains jeunes cherchent des opportunités à l’étranger. Selon le ministre des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, lors d’une conférence de presse tenue le 13 mars 2026 sur la situation des émigrants, 140 passeports burundais ont été retrouvés dans les poubelles de certains pays de l’espace Schengen. Ces documents auraient été abandonnés afin de permettre à leurs détenteurs de se faire passer pour des sans-abri dans ces pays. Par ailleurs, l’OLUCOME a montré que les milieux censés former cette population favorisent parfois leur exploitation. Ainsi, certains jeunes tentent de quitter le pays à la recherche de meilleures conditions de vie. Alexis Nimubona, porte parole de l’Observatoire de Lutte contre la Corruption et les Malversations Economiques, OLUCOME, l’a indiqué le 20 février 2026 lors d’une conférence de presse consacrée aux défis de l’émigration internationale des Burundais.
De l’éducation au Burundi
« Vous entendez dire que le taux de scolarisation au Burundi est de 83 %, mais il faut aussi examiner la qualité de l’éducation », une citation relayée en kirundi par le journal Shikiriza et attribuée au porte parole du ministère de l’Intérieur, Pierre Nkurikiye, lors de la célébration des droits de l’enfant.
Étant donné que la jeunesse constitue 60 % de la population, cette importante frange n’est pas suffisamment valorisée pour contribuer efficacement au développement du pays. La famille, l’école, les partis politiques, les associations, les confessions religieuses et les médias sont pourtant considérés comme des espaces d’apprentissage, d’encadrement et d’orientation des jeunes. Cependant, dans certains cas, ces milieux deviennent des cadres favorisant leur exploitation au service d’intérêts particuliers.
Selon Alexis Nimubona, cette situation pousse de nombreux jeunes à quitter le pays pour assurer leur survie à l’étranger.
Une fuite des cerveaux et une perte de main d’œuvre pour le développement
Le Burundi fait face à un problème de fuite des cerveaux dans plusieurs secteurs, notamment la santé et l’éducation. En 2020, le recensement a révélé environ 400 000 jeunes chômeurs, alors que l’État n’emploie qu’environ 120 000 fonctionnaires. L’OLUCOME souligne que de nombreuses personnes, y compris certaines travaillant dans la fonction publique, préfèrent quitter le pays à la recherche de meilleures conditions de vie. Malgré les efforts du gouvernement à travers le Programme d’Autonomisation Économique et d’Emploi des Jeunes (PAEEJ) et la Banque d’Investissement pour les Jeunes (BIJE), les jeunes continuent de s’orienter vers l’étranger. Selon l’opinion publique, les bénéficiaires de ces programmes seraient majoritairement des jeunes proches du parti au pouvoir.

Disparition volontaire des émigrants burundais à l’étranger
“Plus de 140 passeports burundais ont été retrouvés dans les poubelles de pays Européens, dont plusieurs en Serbie”. Information de Yaga sur son compte tweeter. D’après le ministre des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, ces Burundais les jettent volontairement afin de se disperser dans les pays d’Europe. A la suite de ces pratiques, Édouard Bizimana a indiqué qu’environ 240 Burundais se trouveraient en détention en Corée du Sud pour des problèmes liés à leurs documents. Il a également précisé que les personnes ayant enfreint la loi feront face à des sanctions à leur retour au Burundi.
Les émigrants se divisent en deux categories.
Selon l’OLUCOME, certains Burundais quittent le pays par des voies légales, tandis que d’autres empruntent des voies illégales. L’organisation affirme qu’une grande partie de ces départs irréguliers est facilitée par des réseaux impliqués dans le trafic d’êtres humains.
Ce phénomène, courant en Afrique de l’Est, reposerait sur une chaîne de corruption allant du pays de départ jusqu’à la destination, avec l’appui d’intermédiaires.
Des conditions difficiles dans les pays d’accueil
De nombreuses difficultés affectent les émigrants burundais. Selon des informations recueillies auprès des familles des victimes, l’OLUCOME évoque notamment l’emprisonnement, les mauvais traitements, le vol de biens, le recrutement forcé dans des conflits armés, ainsi que l’implication dans des activités de cybercriminalité en Ukraine, en Chine et ailleurs.
Face à ces défis, l’OLUCOME s’interroge sur le rôle des ministères chargés des Burundais de l’étranger et sur l’exercice effectif de leurs missions de protection. L’organisation déplore également le silence de certaines institutions, notamment le Parlement, l’Ombudsman et la CNIDH.
Appel aux émigrants burundais.
L’OLUCOME recommande aux émigrants burundais de s’organiser en associations dans les pays d’accueil afin de mieux défendre leurs droits et assurer leur protection.
Photo: ©Iwacu&Université du Burundi
