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L’avortement : un droit des femmes interprété différemment selon les pays, y compris au Burundi.

A l’occasion de la journée internationale des femmes, le Burundi s’est joint à la communauté internationale pour la célébrer. Elle a lieu en date du 8 mars au niveau mondial mais elle a été fêtée au Burundi le 9 mars.
Nous revenons aujourd’hui sur une revendication de longue date des associations pour la défense des droits des femmes à savoir la dépénalisation de l’avortement.

Au Burundi, l’avortement est illégal

A l’exception d’un avortement thérapeutique, c’est-à-dire effectué en vue de sauver la vie de la mère, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est interdit dans cette nation d’Afrique de l’Est. (Cf. Loi n°1/07 du 12/3/2020, art. 43-44). Le crime d’avortement est puni d’une servitude pénale d’un an à deux ans et d’une amende de vingt mille à cinquante mille francs burundais (Cf. art. 528&533 du Code pénal de 2017). Lorsque l’avortement a été effectué avec violences, la peine encourue atteint les dix ans de servitude pénale ainsi que cent mille francs burundais d’amende. (Cf. art. 529). Les complices d’un avortement sont punis d’une servitude pénale allant de deux mois à une année ainsi que d’une amende de dix mille à cinquante mille francs burundais. Cependant, la peine s’élève à cinq ans à dix ans si le coupable est un professionnel de la santé ou un étudiant dans le secteur. (Cf. art. 530-531). « Si les manœuvres abortives ont causé la mort de la femme, les personnes citées à l’article précédent [c’est-à-dire les complices œuvrant dans le secteur de la santé, ndlr] sont punies de vingt ans de servitude pénale. » (art. 532).

Des pays qui pénalisent l’avortement

Avec le Burundi, c’est presque tout le continent africain qui pénalise l’interruption volontaire de grossesse. En effet, seuls cinq pays africains ont jusqu’aujourd’hui reconnu le droit à l’avortement : la Tunisie, l’Afrique du Sud, le Cap-Vert, le Mozambique et le Bénin. La plupart des avortements y sont donc faits clandestinement et les risques encourus sont catastrophiques.

L’Amérique latine et l’Asie sont les deux autres continents anti-avortement même si là aussi des exceptions demeurent.

En Amérique du Nord, la réglementation juridique de l’avortement est confiée aux divers États fédérés. Les États-Unis ont mis fin à une autorisation (le fameux arrêt Roe v. Wade) au niveau fédéral du droit à l’avortement le 24 juin 2022.

L’Europe est à ce jour le continent le moins prohibitif des avortements. Aujourd’hui, 25 des 27 États membres de l’Union Européenne autorisent l’avortement sans condition, et la France a été le premier pays au monde à inscrire le droit à l’avortement dans sa Constitution le 4 mars 2024, reconnaissant ainsi l’évolution juridique en la matière depuis la loi Veil de 1975.

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