Au Burundi, certains usagers de téléphones mobiles sont victimes d’escroquerie faute d’informations suffisantes pour distinguer les personnes bien intentionnées des malfaiteurs. Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre Nkurikiye, l’a indiqué lors d’un communiqué de presse présentant des prisonniers présumés impliqués dans des cas d’escroquerie, se faisant passer pour des agents de compagnies de télécommunications. Il a également appelé la population à se renseigner et à signaler tout suspect lié à la criminalité à travers les technologies modernes de l’information et de la communication.
Selon ce même communiqué, une tentative d’escroquerie d’environ 500 000 BIF a échoué, mais 300 000 BIF ont été volés. L’escroquerie avait été organisée par des prisonniers qui se faisaient passer pour des agents d’une compagnie de télécommunications, afin de soutirer de l’argent à une victime.
Par ailleurs, des montants compris entre 2 000 et 4 500 dollars américains sont en train d’être extorqués à certaines victimes par des escrocs opérant dans les pays de la sous-région, sous prétexte de faciliter l’obtention de visas Schengen.
Du réseau facile à connecter les usagers partout au monde
Avec l’évolution des technologies, les échanges se font de plus en plus via les réseaux de communication comme WhatsApp, ce qui permet de réduire les coûts de transmission des messages à travers le monde. Cependant, ces derniers jours, plusieurs escrocs profitent de cette plateforme pour voler des usagers en prétendant être des agents de la société de télécommunication Lumitel. Cela étant alors que le Burundi a adopté et promulgué la loi sur la cybercriminalité qui consitue un ensemble de règles jurdique et vise à avoir à l’oeil, détecter, réprimer et punir les infractions commises à l’usage des technologie de l’information et de la communication.
Lors du même point de presse, le porte-parole du ministère de l’Intérieur a présenté deux prisonniers qui ont escroqués et volés 300 000 BIF dans deux cas distincts. Dans l’un des cas, la victime, proche du propriétaire d’un numéro WhatsApp appartenant à Laurent Ndikumana, a été contactée par Bosco Nkurunziza (prisonnier de la prison centrale de Gitega) via ce réseau en la demandant si la connexion internet fonctionnait correctement. Les escrocs ont alors affirmé vouloir rétablir le réseau afin d’assurer un fonctionnement normal et plus rapide. Comme il se comportait comme un agent de telecommunication avec son complice, ils ont guidé le propriétaire de WhatsApp jusqu’à l’accès dans son compte et ils ont commence à voler. Ils ont demandé à la victime d’envoyer de l’argent via Lumicash : d’abord 100 000 BIF, puis 200 000 BIF. Par la suite, un troisième transfert de 500 000 BIF a été effectué via Bancobu E-Noti, portant le montant total à 800 000 FBu, au profit de Tite Ndihokubwayo, présenté comme complice de Bosco Nkurunziza.
Heureusement, cette somme n’a pas été retirée, car la victime a rapidement signalé le cas aux services compétents, qui ont suspendu le retrait. L’enquête a montré que ces deux prisonniers étaient impliqués dans ce type d’escroquerie. Pierre Nkurikiye a indiqué qu’un ajout de peine issu de cette criminalité est guarantie.
Comment les escrocs procèdent-ils ?
Pierre Nkurikiye a fait savoir que les malfaiteurs prennent un numéro de téléphone au hasard et vérifient s’il est enregistré sur WhatsApp. Si le numéro n’utilise pas cette application, ils passent à un autre numéro. Lorsqu’ils trouvent un utilisateur actif, ils entament une conversation en posant des questions sur le fonctionnement du réseau internet. Ils se présentent alors comme des agents de télécommunication chargés d’améliorer la qualité du réseau. Si l’utilisateur confirme rencontrer des problèmes de connexion, les escrocs prétendent vouloir l’aider à résoudre la situation.
Ils demandent ensuite à la victime d’envoyer le code de vérification (OTP) reçu de WhatsApp. À ce moment-là, si la victime partage ce code, les escrocs prennent immédiatement le contrôle de son compte WhatsApp. Ils utilisent ensuite ce compte pour contacter les proches de la victime et leur demander de l’argent sous divers prétextes.
Escroquerie liée aux promesses de visa
“Certains Burundais perdent également des sommes comprises entre 2 000 et 4 500 de dollars américains sous prétexte d’obtenir un visa”. Selon Pierre Nkurikiye, les escrocs demandent aux victimes de transférer l’argent alors qu’ils se trouvent parfois encore au Burundi, en leur promettant que les démarches se feront dans des pays de la sous-région, notamment en Ouganda.
Ces malfaiteurs vont jusqu’à convaincre les victimes de voyager vers ces pays en leur affirmant que les visas sont déjà prêts, alors qu’il s’agit en réalité de faux documents. Dans certains cas, ils accompagnent même les victimes jusqu’à l’aéroport afin de maintenir l’illusion. Mais dès que les victimes entrent dans l’aéroport, les escrocs prennent la fuite. Au moment du contrôle, les victimes sont alors arrêtées par les agents compétents pour usage de faux documents.
L’empleur de ce fleau se deroule de plus sur le réseau de transfert qui est populaire au Burundi: Lumicash. Malgré la mise en place de la loi sur la cybercriminalité, un article de Jean de Dieu Ndikumasabo à l’Agence Burundaise de Presse (ABP) demande si cette loi est fragile face aux menaces numériques Face à ces pratiques, Pierre Nkurikiye lance un appel aux Burundais de toujours vérifier les informations auprès des services officiels des compagnies de télécommunication et de signaler tout comportement suspect aux autorités compétentes.
