Pour certaines questions, on manque de vraies réponses. On se demande si les autres rencontrent les mêmes problèmes, si ces cas sont immuables ou s’ils relèvent de sa propre expérience.
Certains l’appelleront en gros « Irekwe » : les nausées et vomissements qui émanent des malaises de la femme enceinte. La grande question ne réside pas là, mais plutôt dans le mythe de savoir à qui cela arrive, entre une fille légalement mariée avec une grossesse attendue, et celle engrossée chez elle (dans la maison parentale) après une partie de jambes en l’air sans protection, avec un copain malicieux ou dans une circonstance imprévisible.
« Je venais de terminer l’école secondaire, habile, intrépide et prête à découvrir d’autres cieux », raconte Aline.
« J’avais un copain avec qui je m’entendais bien. Nous avons couché ensemble et, après trois mois, je ne voyais plus mes règles. J’ai paniqué, je me demandais comment j’allais l’annoncer à tous. J’ai perdu mon sang-froid. »
Délabrée et abattue, j’ai décidé de le raconter à ma demi-sœur intime pour me confier, question d’avoir deux têtes dans un même bonnet. » Nous dit Aline
« Stupéfaite et angoissée, le cœur en lambeaux et sans courage, elle rassembla malgré elle les forces qui lui restaient et me conseilla de faire un test avant de l’annoncer à mon petit ami et à ma famille.
Le test était positif. Je ne sentais plus mes pieds dans la cour de cet hôpital. Ce fut la plus dure journée de mon existence. Après, ma vie onirique s’envola dans les airs tout à coup. J’étais morne et butée, sans courage de continuer mes rêves. Je n’ai pas eu alors ce courage d’avoir d’aliments que je ne mange pas, si je l’appellerais bien sûr le courage. Ces inappétences que connaissent d’autres femmes enceintes, je ne les ai pas connues. Je n’ai même pas eu de nausées ni de vomissements. Je pense qu’il y a des choses qui proviennent des situations dans lesquelles on se trouve », conclut Aline.

Certaines femmes subissent ces malaises et d’autres n’en ont pas. Il est dit que seules les femmes issues d’unions légales éprouveraient de tels malaises. On se demande si cela résulte de la lassitude que connaissent certaines filles à cause de ces mille yeux inquisiteurs de l’entourage, de ces mots tranchants et des parents déçus suite à ce genre de grossesses non désirées.
Alors que beaucoup doutent de cette thèse, d’autres s’acharnent à la confirmer par leur vécu.
Rose nous confie : « Je n’avais pas de défaut d’appétit. Je venais de tomber enceinte d’une grossesse non désirée. Je perdais consécutivement mon opiniâtreté alors que je comptais encore quelques années pour arriver à mes fins et réaliser mes rêves. Le compte à rebours avait commencé.
Je ne pouvais pas me comporter comme une femme qui a un mari et qui reçoit toutes les faveurs. J’avais entendu, voire même été témoin, de ces mésaventures d’“IREKWE”, mais je n’ai subi aucun problème y relatif.
Par la suite, je me suis mariée avec le père de mon premier enfant, et c’est pendant ma deuxième grossesse que j’ai eu beaucoup de malaises graves en étant avec mon mari. »
Les femmes vivent-elles réellement ce genre de situation comme expliqué ci-dessus ? Il est bien connu que certains malaises peuvent se manifester lors d’une grossesse. Cela va de la simple sensation de tête qui tourne à un malaise profond et très désagréable : sensation de perte imminente de connaissance, accompagnée de sueurs froides, de nausées et de vomissements.
Cependant, on ne peut pas affirmer que cela arrive uniquement aux femmes mariées légalement et non à celles qui ont subi des grossesses non désirées sans époux légal, comme le confirment certains sans études approfondies. Néanmoins, des cas corrélatifs ne peuvent pas être niés.
« Irekwe » est un mot en kirundi pour exprimer des malaises que connaissent des femmes enceintes dans leurs premières semaines. Elles subissent des vomissements, des nausées et ainsi d’autres dérangements physiques.
(Aline & Rose : pseudonymes)
