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A la découverte du pape Jean Paul II

Le soir du 2 avril 2005 rendait l’âme l’un des papes les plus populaires de l’histoire du christianisme. Décédé à l’âge de 84 ans, il a guidé la barque de Pierre pendant plus de 26 ans (ce qui en fait le troisième plus long pontificat après ceux de saint Pierre et Pie IX) et a largement contribué à diffuser le message évangélique partout dans le monde. Il a longtemps servi pour donner à l’Eglise catholique son aura actuelle. Aujourd’hui, nous revenons sur la vie et l’héritage qu’il a laissés à sa postérité 21 ans après son rappel à Dieu.

Enfance et vocation sacerdotale

Jean Paul II est né le 18 mai 1920 à Wadowice près de Cracovie en Pologne sous le nom de Karol Jozef Wojtyla. Il a perdu sa mère à l’âge de 9 ans et son frère aîné à 12 ans. Il a grandi avec son père qui exerçait comme officier de l’armée polonaise. Pendant ses études au secondaire, il se passionne pour le théâtre. La seconde guerre mondiale éclate alors que Karol a commencé des cours de philosophie. Il travaille à l’usine chimique de Solvay et s’inscrit au séminaire clandestin de Cracovie à la suite du décès de son père en 1941. C’est en 1942 qu’il décide de se consacrer entièrement à la vocation sacerdotale. Il étudie la théologie et est ordonné prêtre en 1946.

De prêtre à pape

Après son ordination, il est envoyé à Rome pour terminer sa formation. Il écrit une thèse sur Saint Jean de la croix. Revenu en Pologne en 1948, il se trouve confronté à la persécution du pouvoir soviétique contre la religion catholique et ses représentants. Il exerce son ministère sacerdotal comme vicaire de paroisse et aumônier des jeunes. Il reprend le chemin de l’école et passe une nouvelle thèse qui lui permet d’obtenir l’habilitation à enseigner à l’université.

Le 28 septembre 1958, il est nommé évêque auxiliaire de Cracovie et choisit comme devise épiscopale « Totus tuus » (tout à toi [Marie]) empruntée à saint Louis Marie Grignion de Montfort. Il participe ainsi aux sessions du concile Vatican II de 1962 à 1965. Le pape Paul VI le nomme archevêque de Cracovie en 1964 puis le crée cardinal trois ans plus tard.

Lors du conclave d’octobre 1978 (le deuxième cette année-là), les cardinaux élisent Karol Wojtyla comme 264ème pape de l’Eglise catholique. C’était le 16 octobre 1978. Grand inconnu du public romain, il est le premier pape non italien depuis cinq siècles et aussi le premier polonais. En pleine période de guerre froide, élire un homme du bloc de l’Est à la chaire de saint Pierre est un signal fort. Il prend le nom de Jean Paul II en hommage à ses prédécesseurs.

Un pontificat marqué par la défense des droits humains

Jean Paul II fut un grand soutien pour les défenseurs des droits et libertés fondamentaux de l’homme. Ancien professeur à la chaire de théologie morale, il mettra toute son énergie à combattre le régime communiste dans son pays. Il est considéré comme celui qui contribua énormément à la chute du mur de Berlin en 1989. Ses nombreux messages ont eu un écho retentissant bien au-delà des murs de l’Eglise. Il promeut la doctrine sociale de l’Eglise surtout dans la défense des droits des travailleurs (il en savait quelque chose depuis son passage à l’usine chimique de Solvay) et appelle tous les dirigeants au respect de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Le pape pèlerin

Jean Paul II a été un pape pèlerin. En effet, il a visité pas moins de 129 pays sur tous les continents au cours de ses 100 voyages. Il est d’ailleurs le seul pape à avoir jusqu’aujourd’hui foulé son pied sur le sol burundais du 5 au 7 septembre 1990. Ces voyages apostoliques des papes initiés par Paul VI ont connu sous Jean Paul II un essor jamais égalé. Il a rassemblé des foules immenses surtout aux Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) qu’il a créées en 1985 et dont la prochaine aura lieu à Séoul l’an prochain. Il a visité également plusieurs centres de pèlerinage catholiques, dont ceux de Terre Sainte. Il a développé le dialogue avec les autres confessions religieuses, chrétiennes ou pas. Lors du jubilé de l’an 2000, il a officiellement et publiquement demandé pardon pour tous les péchés commis par l’Eglise au nom de la foi.

Enseignement magistériel

Le magistère de Jean Paul II est l’un des plus riches. Les catholiques lui doivent spécialement le Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC) publié en 1992, le Code de Droit Canonique (CIC) de 1983, le Code des Canons des Églises Orientales (CCEO) de 1990, la Constitution apostolique Universi dominici gregis du 22 février 1996 qui régit le système d’élection du souverain pontife.

Il a publié 14 encycliques et 15 exhortations apostoliques. Il est le pape ayant commencé à développer un thème à la suite lors des catéchèses hebdomadaires du mercredi place saint Pierre et c’est au cours d’une d’entre elles qu’il est victime d’un attentat le 13 mai 1981. Son cycle de catéchèses le plus important est celui qu’il a consacré au thème de la sexualité humaine dans ce qui s’appelle aujourd’hui la théologie du corps.

Mort et canonisation

Jean Paul II, fragile depuis son attentat manqué, voit sa santé se détériorer petit à petit à partir des années 1990. Il subit six opérations et on lui diagnostique la maladie de Parkinson. Après la pâques 2005, il refuse l’hospitalisation et nous quitte la veille du dimanche de la divine miséricorde (samedi à 21h37) qu’il avait institué lui-même en 2000.

Le jour de ses funérailles, le 8 avril 2005, plusieurs fidèles crient « Santo subito » (=saint tout de suite) pour faire accélérer la reconnaissance de sa sainteté de vie. Béatifié par son successeur direct Benoît XVI en 2011, il sera canonisé par François le 27 avril 2014, jour de la fête de la miséricorde divine. Il est commémoré en date du 22 octobre chaque année qui est l’anniversaire de l’inauguration de son pontificat.

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