La doctrine catholique compte le mariage parmi les sept sacrements de l’Eglise institués par le Christ. Les engagements matrimoniaux sont contractés par un homme et une femme dans leurs pleines facultés de liberté et de volonté pour toute la vie devant le témoin de l’Eglise. Le fait qu’il soit un sacrement lui confère la dignité de refléter l’alliance d’amour indéfectible qui unit le Christ à son Eglise. C’est pourquoi l’union conjugale est une union à vie dans la fidélité et l’amour.
Une fois que les époux ont consommé leur mariage par l’union sexuelle des corps, leur mariage est indissoluble : « Entre baptisés, le mariage conclu et consommé ne peut être dissout par aucune puissance humaine ni pour aucune cause, sauf par la mort » (Catéchisme de l’Eglise catholique, n°2382). Par contre, des motifs valables tels les violences conjugales peuvent légitimer une séparation des corps avec maintien du lien conjugal conformément au droit canonique de l’Eglise. Les époux séparés ne sont pas libres de contracter un nouveau mariage sacramentel. D’après le droit de l’Eglise, un mariage conclu et non consommé peut être dissout par le souverain pontife (pape). En outre, le même droit canonique reconnaît la possibilité d’intenter un procès en déclaration de nullité.
Un des motifs qui peuvent être avancés dans ce cas est l’impuissance antécédente et perpétuelle d’un des conjoints, c’est-à-dire l’incapacité de celui-ci à accomplir l’acte sexuel propice à permettre la génération d’enfants. La nullité invalide le mariage et rend nul le consentement formulé à la célébration du mariage. Les époux dont le mariage est reconnu invalide par les juridictions ecclésiastiques compétentes sont libres de contracter une nouvelle union.

Comment le divorce est interpreté dans des églises protestantes et dans la religion musulmane?
Dans la plupart des dénominations protestantes, le divorce est possible en cas d’adultère. L’époux victime d’une telle injustice a le droit d’avoir recours au divorce et de contracter un nouveau mariage. Cette autorisation découle de la parole de Jésus-Christ en Matthieu 19,9 que les protestants interprètent comme attestant la cause valable de divorce à savoir l’adultère.
Dans la religion musulmane, le divorce est légitime même si la législation en la matière est très rigoureuse. Lorsque l’homme souhaite mettre fin au mariage, il doit verbaliser clairement sa volonté de divorcer. Selon la loi islamique, cette déclaration doit être réfléchie et répétée trois fois à intervalles différents, afin de permettre au couple de trouver une solution ou de réévaluer la décision. Cela démontre l’importance de préserver l’union avant de considérer la séparation.
La dissolution du mariage doit s’appuyer sur des bases solides comme la présence de vices rédhibitoires, l’incompatibilité ou encore une situation où le mariage ne remplit plus ses objectifs initiaux. Du côté de la femme, l’autorisation de divorcer peut être obtenue ou bien par consentement mutuel avec son mari ou bien par répudiation dont la demande est présentée devant une autorité judiciaire ou religieuse. Pour cela, la femme doit fournir des preuves de la faute du mari ou invoquer des raisons valables comme des violences conjugales, une négligence de la part du mari, ou encore une incompatibilité rendant la vie commune insoutenable. La présence de vices rédhibitoires, tels que des mensonges ou des problèmes de santé graves non révélés avant le mariage, peut également justifier cette démarche.
En Islam, les couples qui divorcent se soumettent au code de procédure civile en vigueur dans le pays où ils résident afin d’harmoniser le divorce civil et celui religieux.
En conclusion, le problème du divorce est abordé différemment en fonction de la législation prise en compte. Au Burundi, toutes les tendances reconnaissent la sacralité de l’institution matrimoniale et, de ce fait, l’estiment irrévocable a priori. Les instances cherchent toujours les moyens d’éviter la dissolution et mettent en avant la réconciliation en cas de crise conjugale.
S’il faut choisir entre la démarche civile et la démarche religieuse en matière de divorce, il revient à chacun d’évaluer en âme et conscience ce qui convient au bien personnel et communautaire et de poser un choix mûrement réfléchi.
